Japan-aholic

Voyage au Japon, pays du soleil levant

Barrière Linguistique

9 Commentaires

** AVERTISSEMENT : cet article est peut-être difficile à comprendre. J’explique du mieux que je peux, et j’espère ne pas trop vous perdre! Hihi! **

Comme vous le savez probablement, le japonais et le français sont deux langues totalement différentes. Il n’y a rien de pareil. Zéro. Nada. Alors c’est sûr que ça complique un peu la tâche quand on essaie de communiquer.

Par chance, mon baccalauréat comporte des cours de japonais dans son cursus. Avant de partir, j’ai eu trois mois de cours de japonais, une fois par semaine. Et une chance que j’en ai pris, parce que sinon ça aurait été la galère. Je vais expliquer un peu les bases du japonais, car c’est dur d’en comprendre l’enjeu quand on ne sait pas comment une langue fonctionne.

Le japonais contient trois syllabaires, ou alphabets si vous préférez. Il y a les hiragana, les katakana et les kanji. Ceux-ci fonctionnent différemment de ce que nous sommes habitué de voir. Par exemple, les alphabets ne comportent pas des lettres, mais plutôt des syllabes (d’où le nom « syllabaires »). En tout et partout, il y a : a i u e o ka ki ku ke ko sa shi su se so ta chi tsu te to ha hi fu he ho ma mi mu me mo na ni nu ne no ra ri ru re ro (qui se prononcent la li lu le lo) ya yu yo wa wo (se prononce o) et finalement n. Chacunes de ses syllabes ont leur caractères/idéogrammes. Exemple avec le syllabaire hiragana : a = あ ki = き ya = や etc.

Pour faire des sons en « b » et en « p » (comme par exemple pa), il faut ajouter un petit signe en haut des syllabes en h. Exemple avec pa : prendre la syllabe ha + rajouter un petit rond en haut à droite pour faire « p » = ぱ . La syllabe ha toute seule ressemble à ceci : は . Pour faire « ba », il faut ajouter deux petits traits. Par exemple avec ba : prendre ha + deux petits traits en haut à droite pour faire « b » = ば . Et ainsi de suite pour hi hu he ho, on peut faire les sons bi bu be bo et pi pu pe po. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’une fois qu’on sait comment s’écrivent toutes les syllabes, on se débrouille à merveille. C’est du par coeur, rien de plus.

Le deuxième syllabaire fonctionne exactement de la même manière avec les même syllabes, mais les caractères sont différents. Exemple : a = ア ki = キ ya = ヤ . Il faut donc apprendre ce syllabaire par coeur aussi. Vous vous demandez peut-être la raison existentielle des katakana. En fait, ce syllabaire est réserver pour les mots étrangers anglophones. Par exemple, une « épicerie » est un « supermarket » en japonais. Mais quand on voit le mot « supermarket » au Japon, il n’est pas écrit de cette façon avec des lettres. Il est plutôt écrit en agençant su + pa + ma + ke + to (se prononce : souuupaaamaaakè-to). Ça donne ceci = スーパーマーケット . Il y a plusieurs mot comme ça dans la langue japonaise qui utilisent les katakana. Et ça pour moi c’est vraiment génial parce que quand je vois des katakana, je me dis : « YES je vais pouvoir comprendre ce que je lis ». J’ai juste à lire les syllabes des katakana et essayer de trouver c’est quel mot anglais. Pour les hiragana, même si on sait les lire et les écrire, on ne sait pas nécessairement ce que ça signifie, alors c’est plus difficile.

Et finalement, le troisième syllabaire. LUI, il est chiannnt. Ce sont les kanji. Les kanji sont des restes du mandarin(chinois) simplifié. Il y a des milliers d’idéogrammes kanji, alors je n’ai pas fini de m’amuser. Même les japonais eux-mêmes ne savent pas tous les kanji. Il en apprennent environ 2000 et font leur vie comme ça. Par exemple, en japonais, « eau » se prononcent « mizu ». Étant débutant, on peut l’écrire en hiragana ( みず ) et les japonais comprendront. Mais la bonne façon, c’est en kanji, comme ceci : 水 . Les kanji ne fonctionnent par syllabes simples, mais plutôt par syllabes agençé (un seul idéogramme pour plusieurs syllabes collées ensemble qui forment un mot). C’est donc beaucoup de par coeur. Dans ma famille d’accueil, mon petit frère de six ans est entrain d’en apprendre. Desfois, il va voir sa maman quand il voit un kanji qu’il ne sait pas lire.

Pour vous donner une idées de la difficulté du mandarin comparé au japonais, eh bien… le mandarin n’utilise que des « kanji » dans son alphabet, et ils ne se prononcent pas de la même façon que le japonais. L’idéogramme 水 signifie aussi « eau », mais ne s’appelle pas « mizu ». Ce qui veut dire que si un japonais et un chinois se rencontraient, il ne réussirait peut-être à se comprendre par l’écriture, mais jamais en parlant. En plus, le mandarin a 4 intonations qui font que tout dépendant on utilise laquelle à quel endroit d’un mot, ça changera du tout au tout ça signification. Par exemple, une intonation sur le mot voulant dire « professeur » peut devenir « rat » si on utilise la mauvaise intonation. Ouch! Ça doit être assez embarrassant!

En japonais, il n’y a pas d’intonation, ou alors très peu, et il est rare que cela change la signification d’un mot. Quand on veut poser une question, il faut mettre « ka » ( か ) à la fin de la phrase (lorsque c’est une conversation formelle, et non entre amis). C’est tout. Pas besoin de mettre une intonation plus aigue vers la fin de la phrase comme nous. Les Japonais vont tout de même mettre des intonations naturellement pour éviter de rendre le tout monotone. Mais je me suis rendu compte que ça avait un effet sur la façon dont ma mère d’accueil et moi on communique. Par exemple, lorsqu’elle me pose une question en anglais, j’ai l’impression qu’elle me dit une affirmation, surtout que la plupart du temps elle enlève les « Do you » et les « Is it », etc. Elle dit plutôt « You want » et « It’s ». Et quand moi je pose une question, elle a de la difficulté à savoir si c’est une question ou pas.

Tout ça, c’est parce qu’en japonais, on n’a pas nécessairement besoin de changer la structure de la phrase, grâce au « ka ». Un autre exemple : hier, mon petit frère d’accueil a dit à sa maman onaka ga suita, ce qui veut dire « J’ai faim ». J’ai donc expliquer à ma mère d’accueil ce que ça voulait dire en français, puis elle répètait « J’ai faim » après moi. Mais ensuite, elle s’est retourné vers son fils et lui a dit : « J’ai faim? ». Hihi. Ça, c’est parce qu’en japonais, si on parle de soi-même, on dit onaka ga suita, mais si on parle d’une autre personne, on dit aussi onaka ga suita si le contexte le permet. Les Japonais fonctionnent beaucoup selon le contexte en fait.

De plus, ils disent rarement « Je » et « Tu ». Ils utilisent le « je » (watashi) seulement quelques fois, le plus souvent de manière possessive, comme par exemple « Ce sont mes livres » = watashi no hon desu. Pour le « tu », on dit le nom de la personne. C’est tout. Pour les verbes, il n’y a pas de genre ni de pluriel, et on les place la plupart du temps en fin de phrase. Je sais que c’est difficile à imaginer! Mais les Japonais se comprennent très bien, et même pour une débutante comme moi, je comprends aussi. Ah, le français. On est toujours entrain de rajouter des lettres, des temps de verbes, du pluriel… alors que ça sert à rien! D’un côté, je suis contente d’avoir le français comme langue maternelle, car ça doit être franchement dur à apprendre! Mon professeur de japonais nous disait souvent que nous étions chanceux, parce que le français a beaucoup de sons différents. Il disait qu’il n’y a aucun son que nous ne sommes pas capable de produire en parlant, alors que les japonais ont de la difficulté avec les « u », les « r », les agencements de lettre comme les son « on » ou « in », etc. Même les anglophones aussi on un peu de difficulté avec les « u », par exemple. C’est donc à double-tranchant : les langues plus « simples » (au niveau de la prononciation) sont plus facile à apprendre, mais si c’est notre langue maternelle, on a de la difficulté à apprendre des langues comportant plus de sons.

Conclusion : malgré le nombre d’idéogrammes qu’il faut savoir par coeur en japonais, cette langue reste quand même plus simple que le français ou même que l’anglais en ce qui concerne la prononciation! Le plus compliqué, c’est les adjectifs qui s’accordent selon le temps (comme des verbes) et les différentes formes de politesse qui peuvent modifier les terminaisons de verbes.

Prochain article, mes premières rencontres!

J’espère que je ne vous ai pas trop emmerdé, mais je trouvais ça important d’expliquer comment le japonais fonctionne, car c’est souvent dans la langue qu’on comprend mieux la culture.

Publicités

Auteur : Jasmine

Jasmine is a 20-something years old French-Canadian student and part-time blogger who loves traveling, drawing, listening to (all kind of) music and eating (everything). To achieve one of her biggest dream, she went in Japan for two months and a half as a tourist in 2013. She was an exchange student at Daito Bunka University in Saitama (near Tokyo) during the year 2014 - 2015. She is now studying to eventually become a nurse back in Canada, so she lacks time to write about Japan. You can still read all her posts on her blog, since she'll let them there for you to enjoy :)

9 réflexions sur “Barrière Linguistique

  1. J’espère que mon « j’aime » répond à ta question. 😉

  2. Wow trop intéressant la belle

  3. Un peu mêlant! Tout de même intriguant. Je confirme que le  »kanji » utilise des caractère chinois, je me le suis fait dire plusieurs fois ici! Et comme tu l’expliques bien, ils sont capable de se lire, mais pas de se parler! C’est assez cocasse.
    Mais je dois dénier le fait que le mandarin est difficile. En fait, le lire et l’écrire est une tâche ardue, ça c’est vrai. Mais pour ce qui est du parler, ça va plutôt bien. Malgré les 4 tons, le contexte y joue pour beaucoup! Alors il faut apprendre par coeur! Mais ça marche énormément avec des combinaisons de mots. Par exemple,  »dian » signifie électricité, alors que  »nao » signifie cerveau. Les deux ensemble,  »diannao » signifie ordinateur (je n’ai pas mis les accents sur les mots)!

    Et avec le  »pinyin » (comment prononcer les caractères chinois utilisant l’alphabet occidental), ça facilite les choses!

    Mais bon! Très bon article!

    • Ah oui ça t’a raison les langues asiatiques fonctionnent souvent comme ça (agencement de mot) ce qui facilite la tâche. En fait le mandarin a une construction de phrase plus simple que le japonais, par contre selon moi bien sûr j’ai trouvé le mandarin plus difficile en général que le japonais. Mais encore là ça dépend de l’intérêt qu’on y porte aussi 🙂 mais avoue que les intonations font chier la serieux. Hahaha! Et l’écriture aussi. Mais au moins les dessins ressemble à ce qu’il signifie (genre les ideogrammes pour « soleil » et « montagne ») 🙂

    • Ah et pour le pinyin en japonais c’est le romaji.

    • Et merci de me lire! 😀 xxxx

  4. Pingback: Quand un couple ne partage pas la même langue maternelle | japanxholic

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s