Japan-aholic

Voyage au Japon, pays du soleil levant

Kyoto VS Tokyo

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Me voici donc rendue dans l’ancienne capitale du Japon : Kyoto!

J’avais bien hâte d’arriver ici, car j’avais eu ouïe-dire que c’était plus traditionnelle comme ville comparée à Tokyo. Kyoto comprend plus de 1800 temples, et on y retrouve aussi 17 sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’était donc obligé que je passe par là pendant mes deux mois et demi de voyage au Japon.

Même parmi les japonais, la plupart s’entendent pour dire que Kyoto est le « vrai » Japon, alors que Tokyo est plutôt une mégalopole occidentalisé, presque au même titre que New-York ou Paris par exemple. On retrouve tout de même des jardins et des temples dans Tokyo, mais ils sont beaucoup moins nombreux et surtout plus récents que ceux de Kyoto. Cela s’explique par le fait que durant la Seconde Guerre Mondiale, Tokyo a été bombardé par certains endroits, alors que l’ancienne capitale a été épargnée. Ce qui signifie que les temples de Tokyo ont été retouchés, ou même partiellement reconstruits.

Mais comme je m’étais si bien intégré à Mobara (ville de Chiba, préfecture de Tokyo), je n’avais plus trop envie de découvrir Kyoto! Je n’ai même pas honte de dire que j’ai pleuré comme un bébé en quittant mes amis et ma famille d’accueil. J’ai eu de magnifiques aurevoirs. J’ai donné un cadeau d’une valeur d’environ 90$ à ma famille d’accueil pour les remercier de leurs bons soins. Et aussi parce que je n’ai eu qu’à payer 125$ pour tout le séjour chez eux (trois semaines, repas matin et soir inclus!). C’est tellement pas cher que c’en est ridicule. C’est sûr que j’ai coûté plus cher que ça, surtout que quand on sortait, ils payaient toujours pour moi.

Et donc, je fis mes adieux (même si je n’en avais vraiment pas envie), je me suis botter les fesses (« Allez Jasmine, tu es ici pour visiter le Japon, pas pour passer deux mois et demie en campagne à 2 heures en voiture de Tokyo! »), et j’ai pris le bus de nuit de Chiba jusqu’à Kyoto. 80$, 7 heures de route. Très confortable, j’ai dormi au moins le 3/4 du temps. Et puis, 7 heures, c’est rien comparé aux 14 heures de vol que j’ai dû faire entre Chicago et Tokyo! Hihi.

Je suis donc arrivé à 7:30 du matin à la station de Kyoto où mon nouveau père de famille, Yuzuru Tanaka, venait me chercher. Tout de suite, j’ai remarqué que son anglais était largement supérieur à la moyenne japonaise. Il a voyagé partout dans le monde depuis qu’il est à la retraite. C’est un homme très cultivé et qui s’intéresse grandement aux us et coutumes des autres pays. Il nous pose beaucoup de questions sur la politique, la langue, l’économie, etc. C’est toujours très intéressant de discuter avec lui.

Alors que j’étais la troisième expérience pour ma famille d’accueil à Mobara, et bien je suis la environ la 200ième pour cette famille à Kyoto! Cela fait plus de 20 ans que le couple Tanaka accueille des gens dans leur famille. Il y a toujours quelqu’un dans la maison. Quand l’un part, un autre arrive pour le remplacer, et ainsi de suite. C’est toujours en roulement! Certains restent que pour quelques jours, d’autres restent des mois, voir des années (une fille est même restée 6 ans par le passé!). Inutile de préciser que la maison regorge de babioles venant des quatres coins du monde, cadeaux offerts par les invités. Des tasses provenants de la France, de l’Allemagne, de Venise ; des bibelots des États-Unis, de Chine, d’Espagne, du Canada ; une carte du monde de l’Australie… bref, un paquet de trucs! J’ai pu goûter à des chocolats du Danemark et de Colombie, car il y a une danoise et un américain d’origine colombienne en même temps que moi dans la maison. J’ai également fait la connaissance d’une malaisienne très sympatique, de deux filles australiennes super enjouées (elles m’ont même données trois souvenirs d’Australie!), et d’une colombienne fraîchement arrivée depuis hier. Elle est là pour étudier le japonais à l’école, tout comme l’américain et la danoise. Je vais donc quitter la maison bien avant eux, puisqu’ils restent 3 mois ici.

Et bien, 20 ans d’expérience en homestay family, on peut dire que ça se sent. Dès mon arrivée, on m’a donné trois plans de la ville, avec des annotations où se situe la maison, où prendre le bus (ainsi que les numéros de celles qu’il faut prendre selon le trajet qu’on veut faire et la destination souhaitée), où se trouve le dépanneur, un restaurant, etc. Vraiment classe. On m’a donné les clefs de la maison, un petit déjeuner (j’ai un bol de fruits frais chaque matin, mais c’est moi qui prépare mes céréales et le pain si j’en veux) et donné l’heure du souper. Et voilà! Très simple, efficace. J’adore.

Le seul hic, c’est le prix. Comme je disais tantôt, j’ai payer 125$ (10 000 yen) pour trois semaines à ma première famille d’accueil. Ici, c’est 60 000 yen (~730$) pour le même laps de temps. Ouch. Autant dire que ce sont deux extrêmes! Mais bon, c’est compréhensible : je suis à deux pas de l’arrêt de bus. 20 minutes et je suis rendue au centre-ville où toute l’action se déroule. Et précisons aussi que Kyoto est une ville extrêmement touristique, surtout en cette saison, à cause des cerisiers. J’ai vu plus d’étrangers ici qu’à Tokyo, ce qui m’a grandement surprise d’ailleurs. Mais ce qui est agréable, c’est que Kyoto ne s’est pas occidentalisée comme Tokyo pour autant. Comme le côté traditionnel m’intéresse, ce n’est pas pour me déplaire. Ici, les toilettes publiques sont souvent selon le modèle japonais, comme ceci :

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Si vous vous demandez « Comment on faiiiiit? », il faut s’accroupir. Je n’ai pas tenté l’expérience encore. J’ai fais ma touriste et je suis allée du côté « Western toilet », le modèle occidental. J’étais en pantalon, je n’avais aucune idée comment faire sans risquer de les salir! En jupe, j’essaierai. Peut-être.

La première chose que j’ai remarqué en sortant du bus de nuit, c’est à quel point Kyoto est magnifique. Sérieusement. L’architecture est à couper le souffle, il y a des temples en plein centre-villes, des jardins et des parcs à chaque coins de rues et de fameux cerisiers en fleurs partout. C’était vraiment génial. Je m’étais habituée aux acres interminables de risières déssechées de Mobara et aux gigantesques écrans et enseignes illuminés de Tokyo. Mais là, Kyoto m’est allée droit au coeur.

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Durant le hanami :

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(Un hanami, c’est en fait un picnic sous les cerisiers. Comme les cerisiers ne fleurissent que pendant une courte période (une à deux semaines) et une seule fois par année, on les représente comme étant l’image du temps précieux qui passe. C’est pourquoi les cerisiers sont si important pour les japonais. Ils attendent impatiemment chaque année le moment de faire un hanami. C’est un peu comme un rite de passage ancrée dans leur culture)

Après avoir admiré Kyoto, j’y ai observée quelques différences avec Tokyo.

Premièrement, l’accent de la langue n’est pas le même. C’est dur à expliquer, mais on dirait que les gens de Kyoto marmonnent plus. À Tokyo, c’est clair, précis, rapide. À Kyoto, on dirait qu’ils coupent des mots et mâchent le reste. C’est assez particulier. Mais parait-il que Osaka, une ville près de Kyoto, a carrément des mots et intonations propre à la ville. C’est presque considérée comme un dialecte différent, et les gens d’Osaka sont fiers de ne pas parler le même japonais que celui de Tokyo. Je n’y suis pas encore allée, mais j’ai bien hâte d’entendre ça!

Deuxième élément que j’ai remarqué, c’est les escaliers roulants. À Tokyo, les gens qui restent immobiles sont en file indienne sur la gauche, et les autres montent les marches sur la droite. À Kyoto, c’est l’inverse! Alors les premières fois, j’étais toute confuse, je bloquais des gens, c’était vraiment étrange.

Troisième chose à Kyoto que j’ai remarqué, qui est en fait comme Tokyo mais en plus intense, c’est la communication entre les étrangers et les japonais. À Tokyo, quand un japonais voit ton visage, il essaie de te parler anglais. Mais si tu sais un mot de japonais où tu sais te débrouiller pour demander des indications dans leur langue, tu es foutu. Honnêtement! Ils ont alors tous cette expression de soulagement et se mettent à te débiter tout ça en japonais à la vitesse de la lumière. « Duu yuu niido helpuu? » (À lire : « Do you need help? »). « Sumimasen! Hai! Shibuya no eki wa doko desu ka? » (Oui s’il vous plaît! Où se trouve la station de train de Shibuya? ». Et là, ça y est. « Aaaah! Ilfauttourneràdroitetensuitecontinueztoutdroitepuistourneràgauchetaprès… ». Waaaaaah! « Yukkuri itte kudasai! » (Pouvez-vous redire ça plus lentement s’il vous plaît?).

Eh bien Kyoto, c’est pareil. Sauf que comme c’est moins occidentalisé que Tokyo, les japonais ne tentent même pas de te parler anglais au début. Ça arrive souvent, surtout chez les adultes, qu’ils ne savent juste pas parler anglais. Donc c’est sûr que c’est toujours un plus de savoir parler un peu la langue quand on visite un pays. Mais bien honnêtement, ça ne me dérange pas le moins du monde. Je préfère qu’ils me parlent japonais plutôt que de me parler anglais. En plus, les japonais sont souvent très expressif, ils utilisent beaucoup leur corps et des intonations pendant qu’ils parlent. Ça facilite la tâche!

Quatrième point, l’hospitalité. Je sais pas, mais j’ai l’impression qu’à Kyoto, les gens sont plus curieux, plus gentils, plus chaleureux. Quand je suis seule, je me sens vraiment comme une extraterrestre. C’était comme ça à Mobara aussi, sauf que ici, on vient carrément me demander d’où je viens, j’ai quel âge, pourquoi je suis ici, etc. À Mobara, les gens étaient juste trop étonnée de voir une étrangère en pleine campagne. Ils étaient beaucoup plus réservés. Ils se parlaient entre eux à voix basse, me pointaient du doigt (je me demande même si parfois on me prenait en photo à mon insu…), mais jamais ne me posaient de questions. À Kyoto, chaque fois que je vais dans un magasin où que j’achète quelque chose, on me demande. Même que desfois je me fais arrêter en pleine rue pendant que je suis entrain de marcher tranquillement pour me faire dire que je suis jolie, que j’ai des grandes jambes, des longs cils (« Vos faux-cils sont vraiment longs et jolis! » « Euh… ce sont me vrais cils… » « WAAH IMPOSSIBLE ») et un beau nez (non!). Ça remonte l’estime, mais c’est aussi super embarrassant!

C’est bizarre, parce que j’avais lu que les Japonais sont en général des gens très gênés, surtout avec les étrangers. Eh bien ceux que j’ai rencontré ne l’étaient pas du tout! À Mobara, quand mon amie française et moi allions dans notre pub favoris, même les plus gênés venaient nous parler. Il y en a d’ailleurs un qui nous a offert des miroirs avec des morceaux d’or incrustés dedans comme souvenirs du Japon, alors que ce n’était que la deuxième fois que je le voyais et qu’on ne lui avait pratiquement pas parlé. On croyait qu’il était trop timide. Ha!

Parlant de grandeur de jambe : au Japon, c’est un véritable culte. Presque toutes les Japonaises sont en jupes ou en shorts. À l’année longue. Juste pour vous dire, le Japon a également quatre saisons, et de la neige en hiver vers le Nord (ça inclus Tokyo). Donc même en ce moment, quand il fait 10 degrées Celsius, les Japonaises sont en jupes/shorts, parfois accompagnées de collants ou de bas. Et je ne parle même pas encore de la longueur. C’est carrément rase-bonbon! Par contre, aucun décolleté.

Impossible pour moi d’acheter des soutiens-gorge ici. Au moins, les chandails me font (pour la plupart, quand le tour de poitrine n’a pas d’incidence sur le résultat final), et les jupes également. J’ai essayé de magnifiques robes, mais malheureusement, elles étaient beaucoup trop courtes pour moi. C’était immensément frustrant, surtout quand c’est du Large. Pour les jupes, Medium me fait. Je suis chanceuse, parce que la mode est aux tailles hautes. J’adore les tailles hautes. Je ne vis que pour les tailles hautes. Et l’avantange de tout ça, c’est qu’une Japonaise montera sa jupe taille haute le plus haut possible, mais si moi je ne veux pas du rase-bonbon, je n’ai qu’à la porter semi taille haute. Très pratique.

Et voilà pour les (majeures) différences Kyoto VS Tokyo.

Après m’être remise de toutes ces surprises et de mon voyage de sept heures en bus, je suis partie à Nara, une ville voisine de Kyoto, avec l’amie malaisienne rencontrée dans ma nouvelle maison. Elle m’a gentiment proposée de l’accompagnée avec elle dans cette ville, je n’ai pas pu refuser. J’avais déjà entendu parler de Nara et de ses daims en liberté qui se promènent dans les rues. Et un de mes amis japonais me disait que si j’avais la chance d’y aller, je ne devais pas hésité, car c’est un très belle ville.

Et donc, après un voyage de 70 minutes, un bus, trois trains, je suis arrivée à Nara. Ça été le coup de foudre. J’aime encore plus que Kyoto. C’est simplement magnifique! Je veux une maison là-bas. Elles sont parfaites, avec des jardins parfaits, des clôtures parfaites et des cerisiers parfaits. J’ai également visité mon premier temple japonais, le Todaiji. C’est un temple bouddhiste comportant la plus grande statue en bois de Bouddha de tout le Japon. Je crois que ce site est d’ailleurs inscrit sur le patrimoine mondial de l’UNESCO. Et comme je suis une fan de la religion bouddhiste, j’étais enchantée.

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Et une jolie asiatique habillée comme une geisha :
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(** TRÈS IMPORTANT ** : Les geisha ne sont PAS des prostituées, comme la plupart des occidentaux le pensent. Ce sont des artistes et hôtesses de très haut niveau. Être geisha est très prestigieux et ce n’est pas pour tout le monde. Elles maîtrisent l’art de la danse et du chant, doivent être parfaites lorsqu’elles servent du thé et doivent user du plus haut niveau de politesse envers leurs clients. Mais elles ne sont que hôtesses et discutent avec eux. Il n’y a pas relations sexuelles, du moins ça ne fait pas partie de leur travail).

J’ai également croisé des daims sur mon chemin (il y en a plus de 1200 en liberté dans la ville…). Il y a beaucoup de petits kiosques où on peut leur acheter de la nourriture. Quelle erreur d’acheter ça! J’ai failli signer mon arrêt de mort! Je ne pensais pas que des daims pouvaient être aussi féroces! Haha!

Photos des fameux daims de Nara :

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D’autres photos :

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Une liste de souhaits écrits par des gens qui sont passés ici :
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Ce sont des prédictions et conseils que l’on pige et qu’on doit ensuite enrouler autour du fil dans un sanctuaire/temple. C’est pour apporter chance et prospérité. Il est coutume de faire ce rituel au Nouvel An :

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Au prochain article!

Merci!

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Auteur : Jasmine

Jasmine is a 20-something years old French-Canadian student and part-time blogger who loves traveling, drawing, listening to (all kind of) music and eating (everything). To achieve one of her biggest dream, she went in Japan for two months and a half as a tourist in 2013. She was an exchange student at Daito Bunka University in Saitama (near Tokyo) during the year 2014 - 2015. She is now studying to eventually become a nurse back in Canada, so she lacks time to write about Japan. You can still read all her posts on her blog, since she'll let them there for you to enjoy :)

6 réflexions sur “Kyoto VS Tokyo

  1. C’est toujours super intéressant de te lire Jasmine! Ça donne envie de voyager 🙂

  2. Toujours très intéressant de te lire ma belle. J’ai bien hâte de faire un hanami sous les pommiers.

  3. Merci pour cet article qui est très interressant

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